Quand s’arrête la RT 2026 ?

La question revient souvent dans les recherches liées à la construction neuve : quand s’arrête la RT 2012, parfois confondue avec une hypothétique « RT 2026 » ? En réalité, la RT 2012 a été remplacée par la RE 2020 depuis le 1er janvier 2022. Il n’existe pas de réglementation thermique portant le millésime 2026. Ce qui se joue cette année relève d’un durcissement progressif de la RE 2020 et de modifications profondes des dispositifs d’aide à la rénovation énergétique.

RT 2012 et RE 2020 : pourquoi la confusion persiste

La réglementation thermique 2012 a encadré la construction neuve pendant près d’une décennie. Son remplacement par la RE 2020, qui intègre des exigences environnementales en plus du volet thermique, n’a pas été instantané pour toutes les catégories de bâtiments. Les bureaux, les établissements d’enseignement, puis d’autres typologies ont été progressivement intégrés au périmètre.

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Cette montée en charge étalée sur plusieurs années explique que certains acteurs parlent encore de « RT 2025 » ou « RT 2026 » pour désigner les paliers successifs de la RE 2020. Le décret n° 2026-200 du 18 mars 2026, publié au Journal officiel, modifie les exigences de performance énergétique et environnementale des constructions neuves.

Il introduit une quatrième version des chapitres I à III de l’annexe de l’article R.172-4 du code de la construction et de l’habitation, applicable aux permis de construire déposés après le 1er mai 2026. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle réglementation, mais d’un cran supplémentaire dans une trajectoire déjà prévue lors de la conception de la RE 2020.

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Consultante en performance énergétique analysant des plans de construction liés à la réglementation RT 2026 dans un bureau moderne

Permis de construire déposé après mai 2026 : ce que change le décret

Le décret du 18 mars 2026 et l’arrêté du 19 mars 2026 modifient conjointement les seuils applicables aux projets de construction. L’approche reste celle de l’analyse du cycle de vie, avec des indicateurs portant sur la performance énergétique, l’empreinte carbone et le confort d’été.

Pour les projets dont le permis de construire a été déposé avant le 1er mai 2026, ce sont les exigences de la version précédente qui s’appliquent. Ce point crée une ligne de démarcation nette dans le calendrier des promoteurs et des maîtres d’ouvrage.

Un arrêté spécifique du 18 mars 2026 traite par ailleurs des surélévations de bâtiments existants, un cas de figure souvent source de flou réglementaire. Les exigences pour ces projets sont désormais alignées sur le nouveau palier, ce qui impose aux porteurs de projets de surélévation de recalculer leurs hypothèses thermiques et environnementales.

MaPrimeRénov’ et aides à la rénovation : le calendrier 2026

Le volet construction neuve n’est pas le seul à évoluer. Les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique des logements existants ont connu des secousses depuis le début de l’année.

  • Le guichet MaPrimeRénov’ a été suspendu au 1er janvier 2026, faute de budget voté. La réouverture effective a eu lieu le 23 février 2026, avec de nouvelles règles pour les parcours « par geste » et « rénovation d’ampleur ».
  • Les règles de cumul entre MaPrimeRénov’ et les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont désormais plafonnées par tranches de revenus : 90 % pour les ménages très modestes, 75 % pour les modestes, 60 % pour les intermédiaires.
  • À compter du 1er septembre 2026, une rénovation d’ampleur accompagnée ne pourra plus bénéficier de MaPrimeRénov’ si un chauffage au gaz est maintenu après travaux. Ce durcissement cible directement les stratégies de rénovation partielle qui conservaient une chaudière gaz.

Ces évolutions ne relèvent pas de la RE 2020 au sens strict, mais elles s’inscrivent dans la même logique de décarbonation du parc immobilier. Pour un ménage qui envisage des travaux d’isolation ou de changement de chauffage, le calendrier 2026 impose d’anticiper la date de dépôt du dossier.

DPE et coefficient électrique : un reclassement massif de logements

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Ce changement technique a un effet concret immédiat : des centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité remontent d’une ou deux classes énergétiques sans aucun travaux. Le DPE collectif devient par ailleurs obligatoire pour les copropriétés de petite taille.

Les anciens DPE restent valables. Une attestation de mise à jour est disponible gratuitement sur le site de l’ADEME, ce qui évite de refaire un diagnostic complet. En revanche, pour un propriétaire qui souhaite vendre ou louer, la question de savoir si l’ancien ou le nouveau DPE s’applique dépend de la date du diagnostic initial.

CEE sixième période 2026-2030 : un levier de financement révisé

La sixième période des certificats d’économies d’énergie couvre la période 2026 à 2030. Ce dispositif, qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions d’économies d’énergie chez les particuliers et les professionnels, reste un complément aux aides directes pour les travaux d’isolation ou de remplacement de système de chauffage.

Les volumes d’obligation et les fiches d’opérations standardisées évoluent avec cette nouvelle période. Pour les propriétaires, cela signifie que les montants de primes CEE proposés par les obligés peuvent varier sensiblement par rapport à la période précédente. Obtenir plusieurs devis et comparer les offres de primes reste la démarche la plus fiable avant d’engager un projet de rénovation.

Détail de coupe de mur isolé lors d'une rénovation thermique conforme aux normes RT 2026 avec isolation et pare-vapeur visibles

La « RT 2026 » n’existe pas en tant que texte autonome. Ce qui existe, c’est un palier supplémentaire de la RE 2020, effectif pour les permis déposés après le 1er mai 2026, et une série de modifications des aides à la rénovation dont le calendrier s’étale sur toute l’année.

Pour un projet de construction neuve, la date de dépôt du permis de construire détermine le référentiel applicable. Pour une rénovation, la date de dépôt du dossier d’aide conditionne les règles de financement. Dans les deux cas, c’est le calendrier administratif, pas un intitulé réglementaire, qui fixe les obligations.

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